Campagne électorale
Deux priorités pointées au sein des demandes du Conseil régional de l'environnement du Bas-Saint-Laurent aux candidats
Dans le cadre de la campagne électorale fédérale, le Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent (CREBSL) a ciblé deux enjeux environnementaux prioritaires : l’urgence climatique et la création d’une aire marine protégée dans l’estuaire. Le conseil a ainsi demandé aux candidates et aux candidats de s’exprimer et de s’engager publiquement sur ces deux enjeux.
abandonner les énergies fossiles et s’adapter
Les publications du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sont de plus en plus alarmantes. Une étude scientifique récente qui sera utilisée par le GIEC fait même état d’une possible élévation de la température de 7 °C d’ici 2100. Selon l’Accord de Paris, 195 pays se sont entendus pour limiter cette augmentation à 2 °C, voire à 1,5 °C pour éviter les scénarios les plus catastrophiques pour la planète et l’humanité. La Déclaration d’urgence climatique est donc loin d’une exagération.
Selon le dernier bilan de la commissaire à l’environnement et au développement durable, Julie Gelfand : « Pendant des décennies, les gouvernements fédéraux ont invariablement échoué dans leurs efforts pour atteindre les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre et le gouvernement n’est pas prêt à s’adapter à un climat changeant. »
C’est ce que démontrent les rapports récents : le Canada n’atteindra pas ses cibles de réduction des gaz à effet de serre (GES) et l’industrie gazière et pétrolière compte pour environ le tiers de ces émissions, un secteur qui cherche à prendre de l’expansion avec le soutien du gouvernement canadien. Pourtant, les experts du climat estiment que les cibles de réduction des GES du Canada ne sont pas réalisables sans l’abandon des énergies fossiles, particulièrement celles issues des sables bitumineux.
À propos des engagements concrets et probants que les candidats acceptent de prendre pour respecter l’Accord de Paris, la question des risques côtiers a pris beaucoup d’ampleur ces dernières années avec des événements climatiques extrêmes telles les fortes tempêtes et les marées destructrices qui ont frappé durement la région. Ces conditions climatiques, la montée du niveau des océans et l’érosion du littoral iront en augmentant avec le réchauffement et ils peuvent perturber sévèrement le réseau routier, les habitats fauniques, les propriétés et les infrastructures riveraines, tout en posant des défis de gestion énormes et très coûteux.
Créer une importante aire marine protégée dans l’estuaire
Le Canada a pris des engagements visant à protéger 10 % des zones marines d’ici 2020 suivant les recommandations internationales de la I. Or, un retard considérable est constaté : selon les données actuelles, les aires marines protégées (AMP) couvrent à peine 1,3 % de la superficie marine québécoise.
Le CREBSL demande donc la création d’une vaste AMP dans l’estuaire pour préserver sa biodiversité exceptionnelle, spécialement ses populations de bélugas et de mammifères marins. Un projet d’ampleur réclamé depuis 20 ans est celui d’une zone de 6000 km2 s’étendant d’une rive à l’autre depuis l’amont jusqu’à l’aval de l’estuaire correspondant à l’aire de répartition saisonnière du béluga du Saint-Laurent. L’établissement d’une telle AMP doit se réaliser impérativement pour protéger les troupeaux de bélugas, grandement menacés, ainsi que plusieurs autres espèces aquatiques qui fréquentent le fleuve.
Au cœur de cette semaine mondiale du climat, le CREBSL affirme compter sur les cris d’alarme de plus en plus préoccupants lancés cette année par différents experts mondiaux sur le climat et sur la biodiversité convaincront enfin les futurs élues et élus qu’il y a une véritable urgence d’agir.
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