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Le gouvernement fédéral défend la fermeture de sept centres de recherche agricole

Le gouvernement fédéral défend la fermeture de sept centres de recherche agricole
Photo: La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Le gouvernement fédéral ne reviendra pas sur sa décision de fermer plusieurs centres de recherche agricole à travers le pays, une mesure que les conservateurs, dans l'opposition, qualifient de menace pour la sécurité alimentaire du Canada.

En mai, le comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire de la Chambre des communes a recommandé au gouvernement de maintenir en activité sept centres de recherche agricole et fermes expérimentales qu’il prévoyait de fermer dans le cadre d’un programme de réduction des coûts à l’échelle du gouvernement.

Dans une réponse à ce rapport publié cette semaine, le gouvernement a indiqué que la décision de fermer ces sites reflétait une réorientation délibérée visant à privilégier «l'investissement dans l'expertise et les activités de recherche» plutôt que les coûts d'exploitation et d'entretien.

«Cette approche a été adoptée afin d’améliorer la rentabilité, tout en maintenant les investissements dans l’innovation qui renforcent le secteur agricole et agroalimentaire et contribuent à la croissance économique», indique le rapport.

Le rapport précise que la fermeture de ces sites ne signifiera pas la fin de toutes les activités scientifiques menées par ceux-ci et que 17 centres de recherche resteront ouverts à travers le pays.

«Chaque province continuera de disposer d’au moins un centre de recherche, ce qui permettra de maintenir une forte présence au niveau du pays et une couverture régionale, tout en continuant à tirer parti de l’expertise disponible dans d’autres localités et au sein de l’écosystème plus large», précise-t-il.

Le comité de la Chambre a également recommandé à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) de reconsidérer sa décision de mettre fin aux activités d’analyse au laboratoire de Longueuil.

Il a souligné que les installations de ce laboratoire vérifient la conformité des informations nutritionnelles avec la réglementation canadienne en matière d’étiquetage alimentaire et servent de centre national de référence et de recherche sur les allergènes alimentaires.

Dans son rapport, le gouvernement a confirmé que l’ACIA mettrait fin aux activités de laboratoire dans cet établissement. Il a précisé que la fermeture était prévue pour l’exercice 2028-2029.

«Les fonctions essentielles actuellement assurées à Longueuil seront transférées vers d’autres laboratoires de l’ACIA et, le cas échéant, prises en charge par des laboratoires externes accrédités», a-t-il expliqué.

Les syndicats inquiets

Le Syndicat de l’agriculture et l’Union nationale des fermiers ont déclaré mardi dans un communiqué de presse qu’ils étaient «profondément consternés» par la décision du gouvernement fédéral.

Un porte-parole du Syndicat de l’agriculture a indiqué que la grande majorité des techniciens et des scientifiques ne se trouvaient plus dans les centres de recherche et les exploitations agricoles concernés par la fermeture, ajoutant que certains essais en plein champ étaient en cours d’achèvement.

Le porte-parole a précisé que le gouvernement n’avait pas encore communiqué de dates de fermeture et qu’il restait encore d’importants équipements et ressources à réaffecter.

«Nous continuons de croire qu’il est encore temps de sauver ces centres de recherche d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC)», a mentionné Milton Dyck, président national du Syndicat de l’agriculture.

«Malheureusement, les techniciens de recherche qui y travaillaient, nos membres, ont trouvé d’autres emplois. Mais les installations existent toujours. Les fermes et les équipements sont toujours là», a-t-il souligné.

«Dans le cas des fermes de recherche de Nappan et de Lacombe, le bétail est toujours présent. Nous exhortons le gouvernement à donner suite aux recommandations de ce rapport et à rouvrir ces fermes de recherche essentielles», a-t-il ajouté.

Les conservateurs ont qualifié mercredi la réponse du gouvernement au rapport de la commission de «trahison envers les producteurs canadiens et une menace pour la sécurité alimentaire», affirmant qu’Ottawa détruit l’infrastructure scientifique nécessaire pour garantir aux Canadiens une alimentation abordable et sûre.

Les porte-paroles responsables des questions agricoles et agroalimentaires, John Barlow et Jacques Gourde, ont affirmé dans un communiqué qu’il était «faux» de présenter cette mesure comme un gain d’efficacité opérationnelle.

«En supprimant des centaines de techniciens de laboratoire et de spécialistes de terrain, le gouvernement se débarrasse d’années d’expertise au premier plan de la science agricole», ont-ils avancé.

«Les chercheurs principaux ne peuvent pas mener les recherches sur les sols, les cultures ou le bétail qui protègent notre approvisionnement alimentaire sans les équipes techniques qui assurent le fonctionnement de ces centres. Cette décision détruira des décennies d’innovation et de recherche qui ont mené à des avancées, comme le travail réduit du sol, le canola et l’agriculture de précision», ont-ils fait savoir.

Catherine Morrison, La Presse Canadienne