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Cancer du pancréas: un médicament améliorerait la survie des patients

durée 03h40
3 juin 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

TORONTO — Une spécialiste du cancer du pancréas au Centre de cancérologie Princess-Margaret espère que des essais cliniques portant sur un médicament sous forme de comprimés, susceptible de doubler la durée de survie, seront bientôt ouverts aux patients canadiens.

L'oncologue médicale Jennifer Knox a examiné de manière indépendante une étude menée aux États-Unis sur le médicament expérimental daraxonrasib et qualifie les résultats d’«étonnants».

L'essai clinique randomisé de phase 3, mené auprès de 500 patients atteints d'un cancer du pancréas, a révélé que ceux qui prenaient le comprimé quotidien ont survécu plus d'un an, contre un peu plus de six mois pour les patients ayant suivi seulement une chimiothérapie.

Le fabricant, Revolution Medicines, a déposé une demande d'autorisation de mise sur le marché auprès de la Food and Drug Administration aux États-Unis. Santé Canada indique n'avoir reçu aucune demande d'autorisation de mise sur le marché au Canada.

La docteure Knox prévoit lancer des essais cliniques afin que le plus grand nombre possible de patients atteints d’un cancer du pancréas puissent profiter de ce médicament expérimental sans attendre qu’il soit homologué.

Elle a présenté son évaluation de l'étude, publiée dans le New England Journal of Medicine, lors d'une réunion de l'American Society for Clinical Oncology, à Chicago, dimanche.

«Je pense que le monde s'attendait à ce que ce médicament améliore la survie des patients atteints d'un cancer du pancréas, et nous ne dirions non à aucune aide dans ce domaine, car tant de traitements ne fonctionnent tout simplement pas», a expliqué Dre Knox lors d'une entrevue, mardi.

«Mais le voir doubler la survie, cela n’a jamais été observé auparavant dans le cancer du pancréas.»

Un cancer agressif

Le cancer du pancréas a un faible taux de survie, car il est agressif et n’est souvent découvert qu’une fois qu’il s’est propagé à d’autres organes, a expliqué la Dre Knox.

Le daraxonrasib agit en bloquant une protéine appelée RAS. Des mutations du gène RAS sont présentes dans plus de 90 % des cas de cancer du pancréas.

«La mutation fait que la molécule RAS reste activée en permanence, au lieu de fonctionner par cycles d’activation et de désactivation», a expliqué la spécialiste.

«Le fait d’être activée en permanence signifie qu’elle pousse tout ce qui se trouve dans la cellule à se diviser, à se propager et à se transformer en cancer.»

Hormis l'augmentation de la survie, les patients sous daraxonrasib ont rapporté une meilleure qualité de vie et une diminution de la douleur, a-t-elle déclaré.

Les effets secondaires les plus courants observés dans l'étude étaient des éruptions cutanées et des aphtes.

Dre Knox a expliqué que pendant des décennies, les protéines RAS responsables du cancer du pancréas étaient considérées comme «indisponibles pour un traitement médicamenteux», car il n'y avait aucun site de liaison pour une molécule de médicament.

Le daraxonrasib contourne ce problème en se fixant à la cyclophiline A, et les deux agissent ensemble pour bloquer la protéine RAS.

Des avenues prometteuses

Il existe d'autres inhibiteurs de RAS, outre le daraxonrasib, qui semblent prometteurs, et la docteure espère également pouvoir les proposer aux patients dans le cadre d'essais cliniques.

Tous les patients de l'étude publiée dans le New England Journal of Medicine avaient déjà suivi un cycle de chimiothérapie.

Selon Dre Knox, la prochaine étape consiste à proposer aux patients un inhibiteur de RAS dès le début de leur cycle de traitement, dans l’espoir que celui-ci soit encore plus efficace à ce stade précoce.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Nicole Ireland, La Presse Canadienne